Relation Docteur Patient et congruence émotionnelle

Comment choisir votre médecin ? Tout dépend de l’état émotionnel auquel vous aspirez…

Selon une nouvelle étude menée par des psychologues de l’université de Standford, la congruence émotionnelle entre un médecin et son patient pourrait être l’une des clés de la guérison de ce dernier. Lorsque médecin et patient sont sur la même « longueur d’onde émotionnelle », les patients seraient en effet plus enclins à suivre les recommandations fournies par leur médecin.

Dans cette étude, les psychologues Jeanne Tsai and Tamara Sims ont analysé les relations médecin/patient selon deux états émotionnels :

  • Des états positifs de forte intensité, comme l’excitation et la passion
  • Des états positifs de faible intensité, comme la relaxation et le calme

Ce qu’ils ont découvert, c’est que les patients écoutaient davantage les recommandations d’un médecin qui projetait un état émotionnel proche de celui auquel ils aspiraient eux-mêmes. Par exemple, un patient souhaitant exercer un mode de vie énergique et sportif sera plus enclin à suivre un traitement prescrit par un médecin projetant lui-même un profil énergique, plutôt que la même prescription recommandée par un médecin calme et posé.

« Nous avons découvert que le degré de relaxation ou d’excitation actuel des participants [à notre étude] ne comptait pas autant que le degré de relaxation ou d’excitation qu’ils voulaient idéalement ressentir lorsqu’ils choisissaient leurs médecins et adhéraient à leurs recommandations », affirme Jeanne Tsai.

Comprendre les aspirations émotionnelles des patients plutôt que de se concentrer sur leurs ressentis actuels pourrait ainsi faciliter le bon suivi d’un traitement dans certains cas.

Selon Sims, il serait donc possible d’augmenter la confiance ressentie par un patient à l’égard de son médecin en apprenant comment ces derniers souhaiteraient idéalement se sentir.

Comment l’étude a-t-elle été menée ?

Pour cette expérience, les chercheurs ont recrutés 101 adultes pour une étude mettant en scène un centre médical virtuel. Sur le site web du centre, les participants à l’étude ont dû répondre à des questions sur leur santé et leur état émotionnel positif idéal.

Ils étaient ensuite invités à regarder une vidéo montrant le médecin qui leur avait été assigné. Dans ces vidéos, les médecins projetaient dans leur communication des états positifs de forte ou faible intensité selon le médecin. En dernier lieu, les participants recevaient une liste de 6 recommandations de santé de leur médecin, comme marcher après chaque repas ou effectuer des exercices de renforcement musculaire.

Pendant 5 jours, les participants devaient préciser s’ils suivaient ou non les recommandations fournies par leur médecin virtuel. A la fin de cette période, ils devaient également évaluer leur docteur sur trois dimensions : compétence, confiance et connaissances.

Quelles applications pratiques ?

Cette étude a montré que plus les profils émotionnels auxquels les participants aspiraient étaient en phases avec celui de leur médecin, plus ceux-ci l’évaluaient positivement. Ils étaient également plus enclins à suivre ses recommandations.

Selon Tsai et Sims, il convient tout d’abord de reconnaître que chaque patient aspire à un « profil affectif idéal » pouvant influencer sa réaction face au médecin.

Cela pourrait permettre entre autres aux médecins :

  • Pour les généralistes, de mieux rediriger chaque patient vers l’un ou l’autre spécialiste le cas échéant selon les profils du patient et du spécialiste (de sorte à avoir un « match » émotionnel)
  • De commencer par évaluer le profil affectif idéal des patients, pour mieux adapter leurs communications et la rendre plus en phase avec les attentes et aspirations de leurs patients

En définitive, guérison pourrait bien rimer avec émotions.

CC. Crédit photo : Vic

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