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Primaire à Droite : quand le Non verbal révèle l’état mental

Jeudi 24 novembre 2016 se tenait le quatrième et dernier débat de la Primaire de la Droite et du Centre, opposant François Fillon à Alain Juppé. Si les mots et les réponses des candidats sont restés courtois et convenus face aux polémiques des derniers jours, c’est surtout leur langage corporel qui a révélé leur véritable état d’esprit. Retour et analyse de deux passages clés, où la communication non verbale des candidats en a dit long…sur leur véritable état mental.

Suppressions de poste : Fillon affiche son mépris

Se retrouvant dans une position de challenger qu’il n’avait sans doute pas vue venir, Alain Juppé se devait de marquer ses différences avec François Fillon lors de cet ultime débat, pour espérer rattraper son retard (plus de 15 points d’écart lors du premier tour).

C’est justement ce qu’il a tenté de faire à l’occasion de la séquence sur les suppressions de postes de fonctionnaires, que les candidats ont par ailleurs tous deux inscrits dans leurs programmes dans des proportions différentes (500 000 pour François Fillon, 200 à 300 000 pour Alain Juppé).

« Je pense que 500 000 [suppressions de postes de fonctionnaires], ça n’est pas possible. François a annoncé d’abord 600 000, puis 500 000. D’abord 500 000 fonctionnaires, maintenant c’est 500 000 fonctionnaires et emplois publics » attaque alors Alain Juppé, histoire de démontrer que son opposant, réputé avoir le programme économique le plus abouti, n’était peut-être pas si abouti que cela.

Si François Fillon ne répondra pas directement à cette charge, il ne manquera pas en revanche de marquer sa désapprobation avec une belle expression (involontaire ?) de mépris, à 49’20.

Cette expression est caractérisée par une contraction unilatérale des lèvres, correspondant plus précisément à l’unité d’action 14 du Facial Action Coding System, ici du côté gauche :

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Alain Juppé y croit-il encore ?

Quant à Alain Juppé, son corps n’a pas non plus manqué de trahir ses véritables pensées. Dans sa conclusion en particulier, en toute fin de débat, on assiste ainsi à ce qui pourrait être un exemple des plus probants de lapsus « gestuel ».

Comme pour les lapsus linguae, où l’utilisation involontaire d’un mot à la place d’un autre peut être révélatrice des arrières-pensées d’une personne, les mouvements du corps aussi peuvent révéler des lapsus gestuels porteurs de sens.

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En l’occurence, Alain Juppé entame sa conclusion avec la phrase : « Dimanche prochain, vous allez choisir celui de nous deux qui aura de grandes chances de devenir Président de la République ».

Fait remarquable : en prononçant ces mots, Alain Juppé tourne sa tête vers son adversaire, François Fillon, et le pointe du bras droit.

Comme si lui-même n’y croyait déjà plus.

 

 

Crédit photo : www.tf1.fr

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