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Trophée Pinocchio : Le Top 3 Othello des plus gros mensonges de 2015

Pour cette première édition du palmarès annuel d’Othello, votre spécialiste de la Détection du mensonge vous a déniché les trois plus belles pépites de 2015. Alors qui remportera le Pinocchio de Bronze, d’Argent et d’Or des plus gros mensonges de l’année ?

Les plus beaux mensonges ne sont pas nécessairement les plus médiatisés. Spécialiste de la Détection du mensonge, Othello a utilisé une grille de plusieurs critères pour sélectionner pour vous les meilleurs candidats au Trophée Pinocchio, référence explicite au héros de conte de fées dont le nez s’allongeait à chaque nouveau mensonge.

En premier lieu, les nominés devaient naturellement avoir clairement menti, car n’est pas décerné un Trophée Pinocchio au premier suspect croisé, au tout-venant qui n’aurait même pas daigné se faire attraper la main dans le sac.

Deuxièmement, les candidats devaient avoir effectué des déclarations mensongères publiquement (qu’Othello avait, au passage, pu analyser). Comme le précise Camille Srour, Directeur d’Othello et spécialiste de la Détection du mensonge : « En Détection du mensonge, chaque mot compte car chacun d’entre eux peut participer au camouflage d’un mensonge finalement noyé dans des banalités véridiques. Avec nos trois nominés, ce sont différentes stratégies qui ont été employées pour tromper…J’ai pris beaucoup de plaisir à les analyser cette année ! »

Enfin, ces fausses déclarations doivent avoir eu des répercussions plus ou moins importantes pour le menteur, pour pimenter encore un peu, s’il le fallait, la course au Trophée.

Tout comme pour les podiums classiques, Othello a créé trois prix : le Pinocchio d’Or, d’Argent et de Bronze. Ces trophées ne sont attribués que pour l’année antérieure écoulée, sans distinction géographique ou de thématique.

C’est parti pour le Top 3.

3. Pinocchio de Bronze : Caroline Fourest

Diffusée le 2 mai 2015 sur France 2, l’émission On n’est pas couché s’est révélée électrique. Sur le plateau était invitée Caroline Fourest, venue aborder les thèmes présents dans son nouveau livre, notamment la liberté d’expression et la laïcité. Mais son ouvrage semble aussi être un moyen de s’attaquer à différentes cibles pour régler des comptes, comme avec Pascal Boniface, le NPA, le PCF, le Front de Gauche, Mediapart,…

Caroline Fourest semble également avoir une fâcheuse tendance à déformer la réalité. Des méthodes que le journaliste d’ONPC Aymeric Caron n’a pas appréciées, surtout après s’être fait traité de « con » lorsqu’il a mis à mal les propos de son invité.

En effet, après avoir rappelé à Caroline Fourest que le CSA l’a déjà épinglée pour une chronique sur l’Ukraine, Aymeric Caron l’interroge sur une autre chronique datant du 25 juin 2013. Sur France Culture, Caroline Fourest remet à l’époque en question les propos tenus par une jeune musulmane voilée, Rabia Bentot, agressée par deux individus le 10 mai 2013 à Argenteuil. L’invité d’ONPC sous-entend que la victime a tout inventé et qu’il n’y a sous cette affaire aucune agression islamophobe. Pour ses propos, Caroline Fourest sera condamnée en octobre 2014 à verser 3000 euros de dommages et intérêts et 3000 euros de frais de justice. Sur le plateau d’ONPC, elle déclare pourtant à Aymeric Caron ne pas avoir été condamnée. Le journaliste renchérit ensuite en lui demandant si elle a gagné le procès en appel, question à laquelle l’intéressée répond par l’affirmative. Aymeric Caron n’est toutefois pas prêt à lâcher le morceau, suite à quoi l’animateur Laurent Ruquier finit par mettre fin à l’échange.

Contactés, la Cour d’appel de Paris et l’avocat de Rabia Bentot, Maître Hosni Maati, ont pourtant permis de confirmer que l’affaire n’a pas encore été jugée en appel.

Après le clash entre Aymeric Caron et Caroline Fourest, Laurent Ruquier a réagi en expliquant qu’il n’aurait jamais pensé au moment de l’émission que son invité mentait. Il n’aura connaissance du mensonge qu’après et déclarera alors ne plus jamais inviter Caroline Fourest sur son plateau.

Caroline Fourest n’en démord pas : pour elle, elle n’a pas « menti ». Dans un article publié sur le Huffington Post, elle écrit que lorsqu’elle a prétendu que le procès avait été gagné en appel, elle se référait à « un message de [ses] avocats : C’est bon. Ils n’ont pas interrompu le délai de prescription pour l’appel… ». Et de conclure « N’étant pas juriste, j’ignorais qu’il existe un délai technique entre le moment où les avocats constatent la prescription, et le moment où la Cour d’appel doit statuer pour le déclarer ». Elle en profite au passage pour régler à nouveau ses comptes avec l’équipe d’ONPC entre autres… N’est-ce pas là sa marque de fabrique ?

Caroline Fourest obtient donc sans conteste une place dans notre Top 3, et repart avec un Pinocchio de Bronze bien mérité pour cette première édition du Trophée.

2. Pinocchio d’Argent : Jawad Bendaoud

Impossible d’oublier dans ce Top 3 Jawad Bendaoud, l’homme qui a affolé les réseaux sociaux, donnant lieu à de très nombreuses parodies et à des commentaires comme « Viens, on va dormir chez Jawad. C’est soirée pyjama ». Le compte Twitter « Logeur du Daesh » rassemble plus de 70 000 abonnés et la fausse soirée pyjama compte quant à elle 200 000 participants…

Tout provient en fait d’un témoignage recueilli par BFMTV. Jawad Bendaoud explique alors le mercredi 18 novembre être le propriétaire de l’appartement dans lequel vivait entre autres l’organisateur présumé des attaques, Abdelhamid Abaaoud. Seulement voilà, lui, n’a rien remarqué d’anormal. « J’étais pas au courant que c’était des terroristes, moi. […] On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service, Monsieur. On m’a demandé d’héberger deux personnes pendant trois jours, j’ai rendu service tout simplement. Je ne sais pas d’où ils viennent, on est au courant de rien, Monsieur. Si je savais, vous croyez que je les aurais hébergés ? ».

Logeur de terroristes, Jawad fait l’ignorant et pourtant… L’enquête finira par démontrer qu’il connaissait Abdelhamid Abaaoud. Il admettra avoir regardé des vidéos du djihadiste pendant un de ses séjours en prison. Il se défend toutefois de l’avoir reconnu : « Tout le monde regardait des vidéos de lui en prison. Vous croyez que je lui aurais loué mon appartement si je l’avais reconnu ? ». La vérité, c’est qu’il avait de forts soupçons. Lors de l’assaut du RAID, la petite amie de Jawad lui envoie deux sms : « Je m’en doutais putain » et « Je te l’avais dit en plus, c’est chelou » … Jawad finira par admettre qu’il s’en doutait mais voulait l’argent. A défaut d’argent, c’est un Pinocchio d’Argent tristement obtenu que Jawad Bendaoud aura surtout récolté en 2015.

1. Pinocchio d’Or : Volkswagen

La première place de ce Top 3 et le Pinocchio d’Or reviennent forcément à Volkswagen, dont le mensonge a fait le tour du monde. Le 20 septembre, le groupe allemand, figure emblématique dans le monde automobile, reconnait avoir triché pour manipuler les émissions polluantes de ses véhicules diesel. Les jours se succèdent et le scandale révélée par l’ONG International Council on Clean Transportation prend de plus en plus d’ampleur. Volkswagen avoue avoir installé un logiciel de trucage sur 11 millions de voitures dans le monde, logiciel qui permettait de passer les tests de contrôle sans problème.

Le PDG de Volkswagen Martin Winterkorn présentera ses excuses sans pour autant démissionner : « Nous avons trompé la confiance » de millions de personnes. « Je suis infiniment désolé ». Il ajoutera dans son discours « Pour être très clair : ce type de manipulations ne doit plus jamais avoir lieu à Volkswagen (…). Je vous donne ma parole que nous allons procéder avec tout cela avec la plus grande franchise et transparence ». Difficile de croire en ses promesses quand le PDG d’une entreprise allemande réputée prétend ne pas être au courant des agissements de ses salariés dans ses locaux. Plusieurs ingénieurs du constructeur ont avoué être responsables de la tromperie. Au total, une cinquantaine d’employés sont ainsi passés aux aveux dans le cadre du programme d’amnistie proposé pour accélérer l’enquête interne.

Le 23 septembre, Martin Winterkorn donne sa lettre de démission dans laquelle il écrit « Je n’ai pas connaissance d’une quelconque faute de ma part », une petite phrase qui pourrait lui rapporter gros. Finalement, ce sera le patron de la filiale Porsche qui le remplacera. Lui aussi présentera ses excuses en public :

Le nouveau PDG n’est cependant pas plus crédible que le précédent. Peu de temps après sa nomination, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) soupçonne également Audi et Porsche d’avoir usé des mêmes subterfuges pour réussir les tests en laboratoire.

CC. Crédits photos : Kenny Louie ; BFM TV ; France 2 ; Volkswagen AG.

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